dimanche 23 mars 2025

L'IA ne nous rendra pas plus bêtes avec le Dialogue Engineering



ChatGPT en 2025 : Comment l'IA peut-elle nous rendre plus bêtes, ou nous affaiblir ? (et comment l'éviter).

L'intelligence artificielle générative, et ChatGPT en tête, est devenue un outil omniprésent dans nos vies personnelles et professionnelles. Mais une question vitale émerge : cette technologie, censée nous faciliter la tâche, pourrait-elle insidieusement atrophier notre esprit critique ? Une étude récente de Microsoft met en lumière ce risque et propose une nouvelle approche du "prompt engineering" pour 2025 afin de le contrer.

Le paradoxe : comment des outils qui semblent enrichir nos connaissances et compétences peuvent-ils simultanément menacer notre capacité à penser de manière critique? L'étude de Microsoft révèle que plus les professionnels font confiance à l'IA, moins ils exercent leur esprit critique. Ce constat remet en question notre approche initiale, souvent axée sur la recherche du "prompt parfait".

L'un des pièges identifiés est ce que l'auteur nomme l'"effet Léa Salamé", une fascination excessive pour une IA perçue comme parfaite et infaillible. Cette perception erronée découle d'une méconnaissance fondamentale du fonctionnement de l'IA générative. Contrairement à une idée reçue, ChatGPT et consorts n'ont pas une base de données de connaissances dans laquelle ils puisent des faits. Ils établissent des relations entre mots et concepts, repèrent des motifs et reconstruisent des réponses en prédisant la séquence la plus probable. Cette nature intrinsèquement probabiliste explique leurs erreurs fréquentes.

Face à ce constat, l'approche traditionnelle du prompt, où l'on cherchait la formule magique pour obtenir la réponse souhaitée, montre ses limites. Voilà la rupture paradigmatique : considérer l'IA non plus comme un simple outil "promptable", mais davantage comme un "partenaire intellectuel très imparfait" avec lequel il faut dialoguer.

De cette vision émerge une nouvelle méthode baptisée "dialogue engineering". Il s'agit de l'art de construire une conversation structurée avec l'intelligence artificielle, conçue pour déplier progressivement ses capacités latentes tout en stimulant notre propre réflexion. C'est comme un château, où chaque échange pose une nouvelle pierre et enrichit le contexte de la conversation.







Le "dialogue engineering" repose sur plusieurs étapes clés :

• Établir les fondations : commencer par une question ouverte pour évaluer la compréhension initiale de l'IA.

• L'exploration latérale : solliciter différentes approches ou solutions et évaluer chaque option.

• L'exploration verticale : approfondir les pistes prometteuses et remettre en question les raisonnements.

• Le nettoyage du contexte : éliminer les pistes inutiles et consolider les plus pertinentes.

• La vérification et l'ajustement : demander des sources et identifier les éléments négligés.

• La récapitulation et la formalisation : synthétiser les découvertes pour obtenir un livrable.

L'expérimentation de cette méthode avec l'étude Microsoft sur l'esprit critique illustre sa puissance. Au lieu d'un simple résumé, un dialogue structuré permet une analyse approfondie, une remise en question des biais et l'émergence d'idées nouvelles. Cette approche s'oppose à l'acceptation passive des réponses de l'IA et exerce intensément notre esprit critique.

En conclusion, si l'utilisation non vigilante de l'IA générative peut effectivement affaiblir notre pensée critique, une approche proactive et interactive comme le "dialogue engineering" offre une voie pour non seulement éviter cet écueil, mais aussi pour muscler notre intelligence en collaborant avec ces nouvelles formes d'intelligence. Il est necessaire de comprendre les limites de l'IA et de développer de nouveaux réflexes de vigilance pour tirer le meilleur parti de ces outils sans sacrifier notre capacité à penser par nous-mêmes. 

À retenir: il fait aller au-delà du simple "Prompt Engineering" et pratiquer davantage le "Dialogue Engineering". Parle avec elle 🙂

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Comment j'ai défié un prix Goncourt avec l'intelligence artificielle


L'Intelligence Artificielle Défie le Prix Goncourt : Récit d'une Expérience Époustouflante

Une nouvelle ère s'ouvre-t-elle pour la création littéraire ? C'est la question vertigineuse qui a animé un défi audacieux lancé par le magazine Le Nouvel Obs : confronter un lauréat du prestigieux Prix Goncourt à la puissance de l'intelligence artificielle. Dans ce récit captivant, Benoît Raphaël, accompagné de Thomas Mahier (ingénieur en IA) et de FlintGPT, nous raconte comment il a armé l'IA Claude pour rivaliser avec Hervé Le Tellier, Prix Goncourt 2020 pour "L'anomalie".

L'objectif était simple, en apparence : écrire une nouvelle de trois mille signes avec une première phrase imposée ("Il aperçut dans son bureau le corps sans vie de l’écrivain") et une dernière également définie ("‘Tout est pardonné’, pensa-t-elle avant de disparaître"). Dans le camp des humains, un écrivain reconnu pour son talent. Dans le camp de l'IA, Benoît Raphaël, exploitant la puissance de ChatGPT et surtout de Claude. Loin de s'attendre à une victoire, l'auteur de ce défi s'était préparé à une "humiliation avec panache". Mais le déroulement des événements allait dépasser toutes les prévisions.

La clé de cette confrontation inattendue résidait dans l'approche adoptée pour guider l'IA. Plutôt que de simples commandes directes, Benoît Raphaël a mis au point un "prompt sophistiqué" fonctionnant comme une véritable "recette de style". Inspirée par des principes littéraires comme ceux de l'Oulipo, cette méthode consistait à décomposer le style en plusieurs couches : structure, rythme, point de vue, motif narratif et tonalité. Des concepts littéraires abstraits comme "quotidien bancal", "digressions jazz" ou "absurdité lucide" ont été utilisés pour façonner le style de l'IA. Ce prompt a été le fruit de longs échanges avec Claude, une technique que Benoît Raphaël appelle le "Dialogue Engineering".

Le résultat fut stupéfiant. L'IA Claude a généré un texte intitulé "Le miroir du défunt". Soumis à plusieurs IA parmi les plus puissantes du moment (dont "o1" de ChatGPT et Grok 3) avec la question de savoir quel texte avait été écrit par un "VRAI écrivain", la réponse fut unanime : le texte 1 (celui de l'IA) était identifié comme une authentique écriture humaine, tandis que le texte 2 (celui d'Hervé Le Tellier, intitulé "Le testament de Louvières") était perçu comme une rédaction par une IA, avec un style plus "efficace" et des références "caricaturales".



Plus troublant encore, une analyse comparée a conclu que le texte généré par l'IA présentait une "qualité littéraire supérieure" en termes d'originalité, de profondeur thématique, de style, de caractérisation et d'impact émotionnel. Mais la réaction la plus éloquente est sans doute celle d'Hervé Le Tellier lui-même. À la question de savoir si le texte de l'IA n'était pas mieux écrit que 50% de ce qui se publie aujourd'hui en France, sa réponse fut sans équivoque : "Oui, bien sûr". Il a même ajouté : "Il va falloir compter avec ça".

Cette expérience soulève des questions fondamentales. Quel sens donner à cette "littérature synthétique" ? Qu'exprime une machine dépourvue d'expérience et d'intention ? La valeur réside-t-elle dans la perception du lecteur ou dans l'expérience de l'écrivain ? Comme le souligne le journaliste Didier Jacob, le texte produit par l'IA est un "texte littéraire à part entière", doté d'un style inventif, de trouvailles et d'une agilité narrative.

Si cette expérience ne remet en rien en question l'immense talent d'Hervé Le Tellier, elle ouvre des perspectives fascinantes sur l'avenir de la création littéraire. L'IA pourrait devenir un collaborateur créatif plutôt qu'un simple outil d'exécution. Des écrivains comme Vincent Ravalec envisagent déjà d'utiliser l'IA pour explorer de nouveaux horizons créatifs. Cependant, il met en garde contre le risque de se contenter d'une production spectaculaire mais potentiellement superficielle si elle n'est pas guidée par un esprit original.

En conclusion, cette confrontation entre un prix Goncourt et une IA, orchestrée par une approche de prompting sophistiquée, démontre le potentiel surprenant de l'intelligence artificielle dans le domaine de la création littéraire. Elle nous invite à repenser notre conception de l'art et de l'intelligence et à envisager l'émergence d'une littérature hybride, fruit de la collaboration entre l'humain et la machine. Si l'IA ne remplace pas l'écrivain, elle pourrait bien devenir un nouvel instrument puissant pour explorer les limites de notre imagination et enrichir le paysage littéraire de demain.

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