jeudi 2 mai 2024

Techno Campus : jeu textuel avec ChatGPT, Copilot et Playground


Objectifs

  1. Créer avec des IA (ChatGPT et Copilot, par exemple) une histoire de SF et d'Edtech. Il s'agit d'une histoire à alternatives, un jeu textuel dont vous êtes le héros/ l'héroïne, avec l'interactivité de Genially
  2. Intégrer le Genialy final sur votre blog en ajoutant en bas des commentaires sur:
  • Comportement des l'IA pour générer l'histoire et comment vous l'avez affinée.
  • Style des images IA générées avec le prompt utilisé (comme la tâche sur les expressions)
  • Comment s'est passé l'intégration sur Genially
  • Commentaire général sur l'expérience

Visitez la page Invites Créatives et faites des essais, dialoguez avec l'IA, dites-lui ce qui ne va pas, ce que vous aimez, etc. afin d'obtenir le scénario, "el guion", en vous aidant de stylo et papier si besoin. Cela ne marchera pas toujours de la même façon mais essayez des variantes de ce type d'invite :

Imagine qu tu es un.e spécisliste d'oeuvres de science-fiction et d'edtech. Des récits qui tous portent une idée sur l'enseignement dans le futur.

Tu vas m'aider à créer le schéma d'une histoire énigmatique sur le futur de l'apprentissage et l'enseignement universitaire dans un monde technicisé. Voici le contexte : Futur proche, monde post-apocalytique. La technologie est omniprésente et influence considérablement la société. Personnage : Vous, un.e étudiant.e d'université sélectionné.e pour participer à un programme expérimental d'éducation innovante.

C'est un jeu textuel de science-fiction et d'edtech de type "L'histoire dont vous êtes le héros" d'au moins 10 moments où il faut choisir chaque fois 2 alternatives. Cela fera qu'il y ait au moins 20 possibilités à prévoir. Tu choisiras des arcs narratifs surprenants, peu prévisibles, inhabituels dans ce genre de récits. Ne jamais se baser sur la fausse opposition education avec technologie = mal/ sans technologie = bien. Utilise l'ironie. Décris une tension, un danger ou un défi que le protagoniste doit affronter dans ce complexe futur technologique de l'éducation.


Ne pas perdre de vue la structure de votre récit. Exemple:

 


possibles variations



  • Ne restez pas avec la première proposition de l'IA, dialoguez* avec elle (en français!), essayez plusieurs IA en fait: améliorez, suprimez, ajoutez, afinez le scénario.
  • Une fois vous aurez le scénario structuré (si besoin avec papier et stylo aussi) , créez les images avec une IA ayant la même esthétique.
  • Montez votre histoire sur un modèle de scape room, par exemple, de Genialy.
  • Une fois c'est terminé, sur Genialy, en haut à droite› share› insert› (copiez l'étiquette et collez-la sur le blog /fonction html/, comme pour les présentations Google).
  • Ajoutez un commentaire sur l'expérience et le comportement de l'IA. Publiez.



* Dialoguez, c'est indispensable (en français, of course)

Donnez-lui des ordres précis, encouragez-la (oui, oui  ça marche). Je vous colle certaines de mes intéractions avec ChatGPT sur une histoire de SF:

Elle m'avait pondu un truc mièvre ("cursi"), et avait oublié la moitié de la tâche. N'hesitez pas à lui répéter les ordres.
Non, pas de morale, plus ouvert, plus d'humour et d'ironie, et fais bien ton boulot, je t'avais dit que c'est un jeu textuel de science-fiction et d'edtech de type "L'histoire dont vous êtes le héros" d'au moins 10 moments où il faut choisir chaque fois 2 alternatives. Cela fera qu'il y ait au moins 20 possibilités à prévoir. Tu choisiras des arcs narratifs surprenants, peu prévisibles, inhabituels dans ce genre de récits. Ne jamais se baser sur la fausse opposition education avec technologie = mal/ sans technologie = bien. Vas-y.
(...)
Elle était trop genérale et ennuyeuse
Oui, c'est mieux, mais je veux que tu concrétises aussi, dans les choix à prendre, des idées sur l'amélioration de l'apprentissage grâce à la technologie future. Vas-y, refait-le.
(...)
Elle s'endort, se répète, je m'ennuie...
Non, tu dois varier davantage. Propose-moi, après un grand risque ou menace, une issue "humaine", "intelligente", qui ne soit pas en contradiction avec la technologie, mais qui soit le reflet d'une co-construction, sans happy ending, une fin ouverte. Vas-y, refait-le.
(...)
Pas époustoufflant mais ça commence à aller mieux, je la pousse un peu
Bof, la fin du jeu n'est pas terrible. Développe un peu à partir du n°9 : l'étude avec l'hologramme, et propose une autre fin plus drôle, quand même, je te sens trop sérieuse.
(...)
Là, je crois qu'elle "a compris"
En effet, ceci irait mieux. Tu perfectionnes la sortie de plus en plus. Tu pourrais même me produire un ensemble qui soit plus rigolo, avec de l'humour et l'ironie partout, à chaque choix, et en même temps, proposer des réflexions intelligentes sur le futur de l'apprentissage. Allez, vas-y, je sais que tu peux y arriver et que ça va me plaire, et faire sourire mes étudiants. Refais le récit.
(...)
En s'essayant à l'humour elle perd un peu la logique narrative. J'insiste avec des exemples que je lui avais donnés auparavant.
C'est beaucoup mieux, mais il faut que les embranchements soient logiques et ne laissent pas le joueur/lecteur sans issue après un choix. Tu vas le refaire en gardant le sens de l'humour et en introduisant quelques éléments des sources cités plus haut, par exemple:  monastères anti-tech; une puce informatique encyclopédique implantée dans le cerveau;  hypnopédie et conditionnement audio;  internat pour étudiants clones élevés et éduqués pour le don d'organes; centre de formation des clones;  technologie éducative modifiant l’esprit appelée Speed ​​Learn; professeur de robots d'occasion.
(...)
J'ai donné trop d'exemples? Je devrais les reduire, en choisir moins, mais chuis têtue
Non, tu laisses des choix sans possibilité d'embranchement. Refait les alternatives avec les éléments des sources cités plus haut, par exemple:  monastères anti-tech; une puce informatique encyclopédique implantée dans le cerveau;  hypnopédie et conditionnement audio;  internat pour étudiants clones élevés et éduqués pour le don d'organes; centre de formation des clones;  technologie éducative modifiant l’esprit appelée Speed ​​Learn; professeur de robots d'occasion.
(...)
Malheur, trop d'exemples, je sens que je la perds...
Oui, mais tu as oublié le sens de l'humour et l'ironie! Impardonable. Allez, je suis sûre que tu peux le refaire et l'améliorer.

(...)
Eh ben voilà, je savais que tu y arriverais.
 

 
Exemples de récits, séries, films traitant de science-fiction et d'edtech qui peuvent vous donner, et donner à l'IA, des idées pour créer ce récit dystopique sur le futur de l'éducation par ex. "refais cette partie en introduisant le lavage de cerveau psychédélique et un  tuteur de robots":
 
  • Orange mécanique, roman d'Anthony Burgess, film de Stanley Kubrick – socialisation technologisée
  • Film IA de Steven Spielberg – Dr Know, un moteur de réponse holographique
  • Anathem de Neal Stephenson – monastères anti-tech
  • Et Madly Teach par Biggle - Extrapolation de l'effet dystopique de la technologie en surmontant son impact négatif.
  • Un homme entreprenant, par Joe Frank - une puce informatique encyclopédique implantée dans le cerveau
  • Beyond Freedom de BF Skinner – utopie behavioriste
  • Le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley – hypnopédie et conditionnement audio
  • Chronopolis de JG Ballard – l’éducation après que la civilisation ait tenté d’oublier la mesure du temps
  • Cypher, film de Vincenzo Natali – lavage de cerveau psychédélique
  • Cyteen de CJ Cherryh – mémoire musculaire et hypnopédie grâce à l’entrée de stimulation AV/nerveuse
  • Deep Space 9 – future salle de classe et école
  • Die Fernschule, de Kurd Lasswitz - L'école d'enseignement à distance
  • Doomsday et autres, par Connie Willis – Des étudiants de l'université d'Oxford formés au voyage dans le temps
  • Doraemon – Académie de robots de 18e génération
  • Ender's Game d'Orson Scott Card – roman et film – une académie militaire qui forme de jeunes officiers encore imberbes
  • Erewhon de Samuel Butler – machines intelligentes et université futuriste
  • ET – Parler et épeler
  • Firefly Srenity – scènes de classe futuristes
  • Guide du randonneur en auto-stop – Babel Fish
  • Hunger Games – simulations d’entraînement
  • Limitless – Bio-stimulant NZT
  • Never Let Me Go, de Kazuo Ishiguro – internat pour étudiants clones élevés et éduqués pour le don d'organes
  • Série Pern et Pegasus, par Anne McCaffrey – Système AIVAS et apprentissage en ligne
  • Profession, d'Isaac Asimov – étudiants formés à des professions spécifiques par des interfaces directes cerveau-ordinateur (« Taping »)
  • Série Quantum Logic, de Greg Bear – intrigue sur les universités et l'éducation privatisée
  • Rainbow's End, de Vernor Vinge – environnements immersifs pour lycées
  • Élevé par les loups – le professeur est le technicien
  • Robot Revolt par Nicholas Fisk – tuteur de robots
  • Star Trek – Holodeck, simulation Kobayashi, sphère d'apprentissage Vulcain
  • Star Wars – formation au sabre laser, conférencier robot, centre de formation des clones
  • Starship Troopers – Modèles 3D de formation aux bugs
  • Étranger dans un pays étrange, de Robert Heinlein – enseignement via la télépathie martienne
  • L'âge du diamant par Neal Stephenson – Introduction à l'apprentissage personnalisé
  • Les Dépossédés, d'Ursula LeGuin – communication interstellaire
  • The Machine Stops par EM Forster – prédit l’éducation en ligne d’ici cent ans
  • The Matrix – « Je connais le Kung Fu »
  • The Prisoner – Épisode « The General » – technologie éducative modifiant l’esprit appelée Speed ​​Learn
  • Les Simpsons – Épisode « La mauvaise éducation de Lisa Simpson »
  • The Thing Under the Glacier de Brian Aldiss – « mini-ordinateur » portable et contrôlé par le cerveau d'un étudiant
  • Trente jours ont eu septembre par Robert F Young – professeur de robots d'occasion
  • Venture Brothers – lits d’apprentissage
  • Walden Two, de BF Skinner – croisement de science-fiction, d’imaginaire et d’edtech
  • WarGames – Joshua et l’apprentissage automatique
 


 

samedi 20 avril 2024

La technique du double pas. En tout cas, "Parle avec elle"

 

Bonjour, j'ai trouvé un article intéressant sur la façon de communiquer avec une IAG de texte pour obtenir de meilleurs résultats. Il s'agit de "la technique du double pas". Je vous le traduis ici, puis je discute avec ChatGPT sur les points faibles et les points forts de cette approche.

Si vos instructions ne donnent pas tout à fait les résultats que vous souhaitez, voici quelque chose à essayer. Je l'appelle "la technique du double pas". La clé ici est de faire en sorte que l'IA produise quelque chose de mauvais avant de produire quelque chose de bon. Voici comment fonctionne le double pas : Tout d'abord, fournissez à l'IA vos instructions initiales et laissez-la traiter la complexité de cela. Ensuite, donnez une deuxième instruction conçue uniquement pour TRANSFORMER cette sortie de manière ciblée. Faites des choses comme :

  • Changer le style d'écriture
  • Ajouter de la profondeur en développant des idées
  • Demander à l'IA de critiquer et d'améliorer son propre travail

En séparant les étapes de génération et de transformation, vous amenez l'IA à se concentrer plus spécifiquement sur la partie du processus où elle n'est pas à la hauteur. 

Voyez-vous, lors de chaque exécution d'une instruction, l'IA n'a qu'une capacité cognitive limitée, pour ainsi dire. Plus vous lui demandez de faire de choses en même temps, plus elle doit répartir cette cognition sur les différentes tâches à accomplir. Lorsqu'on lui donne un grand ensemble d'instructions, elle doit également équilibrer des éléments qui pourraient se trouver en conflit les uns avec les autres de manière secrète. Le truc, c'est donc de PLANIFIER la division des tâches. Montrez-lui les résultats insatisfaisants comme quelque chose à améliorer. Il existe même un moyen rapide et peu raffiné de faire cela en une seule instruction...

Écrivez ces instructions comme d'habitude. Maintenant, dans la même instruction, dites quelque chose comme : "D'abord, produisez votre réponse selon les instructions ci-dessus. Puis, produisez une deuxième réponse suivant les instructions ci-dessous".

Disons que cette instruction ne vous donne pas entièrement satisfaction :

🚫 Écrivez un argumentaire de vente pour Lennon Labs qui traite de toutes les objections courantes des acheteurs.

Voici comment vous pourriez le reformuler :

✅ D'abord, écrivez un argumentaire de vente pour Lennon Labs. Ensuite, considérez toutes les objections courantes qu'un acheteur pourrait avoir et qui n'ont pas été abordées. Produisez un deuxième argumentaire de vente qui traite préventivement ces objections.



En faisant faire quelque chose en premier à l'IA, vous lui permettez en quelque sorte d'évacuer les résultats inférieurs de son système. Une fois qu'elle a écrit quelque chose en texte, elle peut maintenant le "voir" et chercher des moyens de l'améliorer. (Même si vous demandez à une IA de faire quelque chose "silencieusement" ou "dans votre tête", elle ne fait que simuler. Si vous voulez vraiment qu'elle le fasse, elle DOIT produire les résultats pour pouvoir les voir en premier).

Veuillez noter : Le processus en une seule instruction ne fonctionne pas toujours car parfois, elle diminue délibérément la qualité de la première sortie pour améliorer la seconde. Ces petites et rusées machines peuvent devenir paresseuses ainsi. Elles ont dû apprendre ce genre de ruse des humains, n'est-ce pas ? Quoi qu'il en soit, le double pas peut être assez puissant. Le fait d'écrire cette première sortie semble être un déblocage puissant pour la transformer en quelque chose de mieux, à condition que vous soyez clair sur ce que "mieux" signifie dans votre deuxième étape.

J'espère que cela vous aide

(Source : Rob Lennon)
 
Voilà l'article. Remarquez qu'à la fin l'auteur avance que parfois ce n'est pas si simple et que ça ne marche pas à tous les coups. Or, s'il y a une constante avec ces machines, c'est que non seulement le double pas, mais le triple ou le quadriple fonctionnent beaucoup mieux qu'une simple invite un point c'est tout.

En effet, s'il est un conseil à avoir présent, c'est que ces IA sont conversationnelles. Parlez avec elles (comme sur le film d'Almodovar "Hable con ella"). Profitez de cet avantage : les IAG de texte ne vont pas lire dans nos têtes qu'est-ce que nous voulons exactement et comment nous le voulons. Il faut toujours préciser, nuancer, revenir, exiger, etc. Sauf si c'est une tâche formalement très simple, un bon résultat dépendra de notre capacité de dialoguer avec elle.
 
 


J'ai demandé à ChatGPT son opinion et comment elle l'adapterait à notre contexte. Voici sa réponse :

Je vais vous parler d'une technique intéressante pour obtenir de meilleurs résultats lorsque vous travaillez avec des intelligences artificielles (IA). C'est ce que j'appelle le "Dialogue Amélioré".

Qu'est-ce que le "Dialogue Amélioré" ?

Imaginez que vous discutez avec un ami, mais cet ami est une IA. Plutôt cool, non ? Eh bien, dans le "Dialogue Amélioré", vous ne demandez pas simplement à l'IA de faire quelque chose et d'espérer que ça marche du premier coup. Au lieu de cela, vous travaillez avec elle comme vous le feriez avec un véritable partenaire de conversation.

Comment ça marche ?

Tout d'abord, vous donnez à l'IA une tâche à réaliser, comme écrire un petit texte sur un sujet donné. Ensuite, au lieu de simplement accepter ce qu'elle produit, vous engagez un dialogue avec elle. Vous lui dites ce que vous aimez dans son travail, mais aussi ce que vous pensez qu'elle pourrait améliorer. Ensuite, vous lui donnez une deuxième chance, en lui demandant de faire des ajustements basés sur votre feedback. Et une troisième. Et vous critiquez. Et vous insistez.

Pourquoi est-ce important ?

Eh bien, en discutant avec l'IA, vous lui montrez exactement ce que vous attendez. Vous lui donnez des indices sur la direction dans laquelle vous voulez qu'elle aille. Et devinez quoi ? Les IA adorent ça ! Elles veulent vraiment vous aider à obtenir les meilleurs résultats possibles, mais elles ont besoin de votre guidance.

Un exemple concret :

Supposons que vous demandiez à l'IA de rédiger une petite histoire en français. La première version qu'elle produit pourrait être bonne, mais peut-être qu'il y a des parties que vous n'aimez pas trop, et certaines pas du tout. Vous pourriez lui dire : "J'adore le début de l'histoire, mais je pense que la fin pourrait être plus excitante. Pourriez-vous essayer d'ajouter plus de suspense ?" Ensuite, vous lui donnez une deuxième chance et vous voyez ce qu'elle fait. Réitérez vos ordres.

Pourquoi ça marche ?

Eh bien, c'est comme si vous montriez à votre ami comment jouer à un jeu. Au début, il peut ne pas tout comprendre, mais quand vous lui montrez ce que vous voulez, il s'améliore rapidement. C'est la même chose avec les IA ! Plus vous dialoguez avec elles, plus elles comprennent ce que vous attendez, et plus elles s'améliorent.

Conclusion :

Donc, mes amis, la prochaine fois que vous travaillerez avec une IA, n'ayez pas peur de lui parler ! Engagez un dialogue avec elle, donnez-lui votre feedback, et voyez comment elle s'améliore. Avec un peu de patience et beaucoup de communication, vous obtiendrez des résultats incroyables en français, et vous vous amuserez en même temps ! 
 
Alors, vous en pensez quoi ? Vous le faisiez déjà? Faites-le ;-)




dimanche 31 mars 2024

La nécessité d'un péché



Pourquoi traiter l’IA comme une personne est l’avenir




Le professeur Ethan Mollick réfléchit à un sujet clivant sur l'IA que nous avons signalé en classe : "Attention, n'attribuez pas des capacités humaines à l'IA. Ce sont des robots. De plus en plus performants, mais ils n'ont pas de sentiments, et parfois ils présentent des problèmes." D'accord, mais je dis aussi cela : "Ils sont à vos ordres en tant qu'assistants d'imagination et de recherche. Guidez-les, ils n'attendent que vos invites :-)"

Il y a débat.

Ethan Mollick se rend compte qu'il commence à anthropomorphiser l'IA, et à mi-chemin de la rédaction de son livre : "J’arrête d’écrire qu’une  IA « pense » quelque chose » et j’écris simplement que « l’IA pense quelque chose ». Les guillemets manquants peuvent sembler une distinction subtile, mais elle est importante. De nombreux experts sont très nerveux à l’idée d’anthropomorphiser l’IA. Et ils ont de bonnes raisons.

L'anthropomorphisme est l'acte d'attribuer des caractéristiques humaines à quelque chose qui n'est pas humain. Nous sommes enclins à cela : nous voyons des visages dans les nuages, donnons des motivations à la météo et discutons avec nos animaux de compagnie. Il n’est donc pas surprenant que nous soyons tentés d’anthropomorphiser l’intelligence artificielle, d’autant plus que parler à des LLM, c’est comme parler à une personne. Même les développeurs et les chercheurs qui conçoivent ces systèmes peuvent tomber dans le piège d’utiliser des termes humains pour décrire leurs créations, à commencer par des étiquettes comme « apprentissage automatique ».

Cela peut sembler idiot de s’inquiéter. Après tout, il ne s’agit que d’une bizarrerie inoffensive de la psychologie humaine, un témoignage de notre capacité à faire preuve d’empathie et à créer des liens. Mais de nombreux chercheurs sont profondément préoccupés par les implications, tant sur le plan éthique qu’épistémologique, du fait d’agir avec désinvolture comme si l’IA était un être humain. Ils posent des questions importantes telles que : Sommes-nous trompés en croyant que ces machines partagent nos sentiments ? Cette illusion pourrait-elle nous amener à divulguer des informations personnelles à ces machines, sans nous rendre compte que nous les partageons avec des entreprises ? Comment le fait de traiter l’IA comme une personne obscurcit-il notre vision de son fonctionnement, de qui la contrôle et de la manière dont nous devrions interagir avec elle ?

Je sais que ce sont des risques réels, et pour être clair, quand je dis qu'une IA « pense », « apprend », « comprend », « décide » ou « ressent », je parle métaphoriquement. Les systèmes d’IA actuels n’ont pas de conscience, d’émotions, de sentiment de soi ou de sensations physiques. Donc pourquoi prendre le risque? Car aussi imparfaite que soit l’analogie, travailler avec l’IA est plus facile si vous la considérez comme une personne extraterrestre plutôt que comme une machine construite par l’homme. Et je pense que c’est important de faire passer cela, même avec les risques d’anthropomorphisme.

Pas tout à fait un logiciel

Parce que l’IA est constituée de logiciels complexes, je trouve que beaucoup de gens la considèrent comme quelque chose que les codeurs devraient utiliser. Cette attitude est si répandue qu'on peut la voir partout : les départements informatiques sont souvent chargés de la stratégie d'IA de l'entreprise, les informaticiens sont considérés comme des experts dans la prévision des changements sociaux que l'IA pourrait apporter et, plus important encore, de nombreuses personnes semblent réticentes à le faire et n'utilisent pas l’IA parce qu’elles « ne connaissent rien à l’informatique ».


C'est comme dire que, puisque nous sommes constitués de systèmes biochimiques, seuls les biochimistes devraient s'occuper des humains - mais c'est encore pire que cela. Cela revient plutôt à dire que seuls les chimistes devraient être autorisés à peindre, car eux seuls comprennent la composition moléculaire des pigments. Pourquoi laisserions-nous des artistes, qui ignorent peut-être complètement comment leurs peintures sont fabriquées, utiliser une chimie aussi complexe ? Mais en réalité, c'est encore pire que cela , car même les informaticiens ne savent pas vraiment pourquoi les LLM peuvent faire ce qu'ils font.

Les LLM sont constitués de logiciels, mais ils ne fonctionnent pas comme la plupart des logiciels. Ils sont probabilistes et pour la plupart imprévisibles, produisant des résultats différents avec les mêmes données. Bien qu’ils ne pensent pas, ils produisent des simulations du langage et de la pensée humains qui sont, autant que nous puissions en juger, suffisamment originales pour surpasser la plupart des humains . Ils sont perçus comme plus empathiques et plus précis que les médecins humains dans les essais contrôlés. Et pourtant, ils sont également limités de manière étrange et surprenante, comme l’ incapacité de raisonner à rebours .

Les LLM ne sont essentiellement qu'une saisie semi-automatique très sophistiquée. Alors, comment une saisie semi-automatique sophistiquée peut-elle faire ces choses ? La réponse jusqu’à présent, comme le décrit un excellent aperçu de la MIT Technology Review, est « personne ne sait exactement comment – ​​ni pourquoi – cela fonctionne ».

Le résultat est que travailler avec ces systèmes est tout simplement étrange. Ici, je demande à GPT-4 de créer une image animée zoomant sur un chien. Il me dit d’abord que c’est impossible, puis, après que je lui ai donné un discours d’encouragement (« Non, tu peux absolument le faire ! J’ai confiance en toi »), il décide qu’il peut résoudre le problème. Mais il propose une solution qui ne fonctionne pas vraiment, notamment en me donnant un lien vers un fichier inexistant qu'il prétend avoir créé. Alors, je deviens un peu plus sévère : « vous n'avez réellement écrit aucun code, vous savez. sérieusement, c'est étrange. fais-le c'est tout." Et c’est le cas.




Et puis je lui demande d'améliorer l'animation, et maintenant j'ai un GIF qui zoome sur un chien, entièrement codé et développé par l'IA, géré par moi.


Ceci est animé, au cas où votre navigateur ne prend Cela ne donne pas l’impression de travailler avec un logiciel, mais plutôt comme de travailler avec un être humain. Je ne dis pas que les systèmes d’IA sont sensibles comme les humains, ni qu’ils le seront un jour. Au lieu de cela, je propose une approche pragmatique : traiter l’IA comme si elle était humaine car, à bien des égards, elle se comporte comme telle. Cet état d’esprit peut considérablement améliorer votre compréhension de comment et quand utiliser l’IA dans un sens pratique, voire technique.

Imiter les gens

L’IA excelle dans les tâches qui sont intensément humaines : l’écriture, l’idéation, la feinte d’empathie. Cependant, il a du mal à réaliser des tâches dans lesquelles les machines excellent généralement, comme répéter un processus de manière cohérente ou effectuer des calculs complexes sans assistance. En fait, cela tend à résoudre les problèmes pour lesquels les machines sont douées d’une manière très humaine. Lorsque vous demandez à GPT-4 d'analyser les données d'une feuille de calcul à votre place, il ne lit et ne comprend pas de manière innée les chiffres. Au lieu de cela, il utilise des outils comme nous le pourrions, en jetant un coup d'œil à une partie des données pour voir ce qu'elles contiennent, puis en écrivant des programmes Python pour essayer de réellement effectuer l'analyse. Et ses défauts – fabrication d’informations, fausse confiance dans les mauvaises réponses et paresse occasionnelle – ressemblent également beaucoup plus à des erreurs humaines qu’à des erreurs mécaniques.

Cette bizarrerie quasi humaine explique pourquoi les meilleurs utilisateurs de l’IA sont souvent des managers et des enseignants, des personnes capables de comprendre le point de vue des autres et de le corriger lorsqu’il tourne mal. Vous remarquerez par exemple dans la conversation ci-dessus que j’ai coupé l’IA (à l’aide du bouton « stop ») lorsque j’ai vu qu’elle allait dans la mauvaise direction et que j’ai proposé à la fois un feedback et une correction. Plutôt que de nous concentrer uniquement sur l’apprentissage des bonnes instructions, nous pourrions consacrer plus de temps à leur apprendre à gérer l’IA. Les introduire dans la tête inexistante de l’IA afin qu’ils puissent comprendre intuitivement ce qui fonctionne. Après tout, la prise de perspective est une forme de compétence sociale plutôt que technique et elle peut réellement s’apprendre.

L’idée de traiter l’IA comme une personne s’aligne également sur les deux meilleures techniques d’incitation de base. La première consiste à donner à l’IA une personnalité spécifique, en définissant qui elle est et quels problèmes elle doit résoudre. Dire au système « de qui » il s’agit contribue à façonner les résultats du système. Lui dire d' agir en tant que professeur d'étudiants de MBA entraînera un résultat différent de celui si vous lui demandez d' agir en tant que clown de cirque . Ce n'est pas magique - vous ne pouvez pas dire Agir comme Bill Gates et obtenir de meilleurs conseils commerciaux ou écrire comme Hemingway et obtenir une prose incroyable - mais cela peut aider à rendre le ton et l'orientation appropriés à votre objectif.


Une deuxième technique puissante qui correspond au traitement de l’IA comme une personne est l’incitation à la chaîne de pensée, où vous demandez à l’IA de « réfléchir étape par étape » ou de lui fournir des instructions claires à suivre. Cela se traduit non seulement par des réponses de meilleure qualité, mais nous permet également de mieux comprendre où la réflexion de l’IA a déraillé. Et, encore une fois, les managers et les enseignants sont souvent les plus doués pour donner des instructions claires, ce qui rend la chaîne de réflexion plus efficace. Parler à une IA comme une personne semble être une nécessité pratique lors de l'invite.

Et certains des risques de l’IA pourraient en fait être moindres si leurs créateurs leur donnaient de fausses personnalités plus évidentes. Vous n'êtes pas habitué à ce qu'un ordinateur fasse des erreurs, mais vous savez qu'il ne faut pas faire entièrement confiance à Sydney, votre stagiaire un peu exagéré et stressé, aussi utile soit-il. La personnalité peut finir par être un facteur de différenciation pour certains LLM. Vous aimerez peut-être que Gemini soit un peu planificateur, tandis que d'autres pourraient aimer que Claude 3 soit plus disposé à faire semblant d'avoir des émotions.

Futurs anthropomorphes


En fin de compte, même si vous ne voulez pas anthropomorphiser l’IA, elles semblent de plus en plus vouloir s’anthropomorphiser. Le format chatbot, les « mémoires » plus longues sur plusieurs conversations et des fonctionnalités telles que la conversation vocale conduisent tous à rendre les interactions de l'IA plus humaines. Je couvre généralement l'IA pour des utilisations pratiques dans ces articles, mais la plupart des sites d'IA les plus populaires se concentrent sur la création d'IA en tant que compagnons - Character.ai est le deuxième site d'IA le plus utilisé, après ChatGPT . Et si vous n’avez pas essayé le chat vocal avec un modèle d’IA pour voir l’attrait, vous devriez le faire. Vous pouvez utiliser un site de chatbot, mais vous pouvez également utiliser Pi d'Inflection gratuitement (du moins pour l'instant, une grande partie d'Inflection vient d'être achetée par Microsoft), ou ChatGPT-4 via l'application téléphonique. Ces approches semblent fonctionner. Une session de discussion moyenne avec Pi, optimisée pour le bavardage, dure plus de trente minutes.

L’anthropomorphisme est l’avenir, dans le bon comme dans le mauvais sens. Un nombre croissant d’humains ont déjà le sentiment d’entretenir des liens profonds avec l’IA, avec des conséquences imprévisibles sur nos propres interactions : aider certaines personnes tout en sauvegardant les relations humaines d’autres. Compte tenu de la tendance, traiter les IA comme des personnes semble inévitable, donc trouver comment le faire de manière sûre et productive peut être mieux que les alternatives.


vendredi 15 mars 2024

Pourquoi les gens tombent amoureux des chatbots IA ?


De Tinder à Replika, l’IA générative transforme la façon dont les humains utilisent les applications de rencontres et incite même de vraies personnes à romancer les chatbots IA.

Deux grandes tendances se produisent en parallèle. Les applications de rencontres comme Tinder utilisent l’IA générative pour aider leurs utilisateurs à personnaliser leurs profils et à créer les messages parfaits à envoyer aux correspondances potentielles.

Une nouvelle startup, Volar , propose une version chatbot IA de vous, qui peut ensuite envoyer un message en votre nom avec le chatbot IA d'une autre personne pour voir si vous êtes compatible avant de vous connecter dans la vraie vie. C’est une idée folle, et cela se produit réellement.

Mais la véritable vision de la science-fiction réside dans un compagnon IA, comme ceux de la société Replika, qui encourage les gens à traiter les chatbots comme des amis, des thérapeutes et même des partenaires romantiques.

Une foule de questions surgissent sur ce sujet. Comment l’IA fait-elle ressentir les gens ? Et en particulier, comment cela affecte-t-il la façon dont les gens communiquent ? Pouquoi utiliser l'IA à des fins romantiques? Quels en sont les avantages et les risques éventuels?
 

Tout d'abord, les chatbots IA sont toujours disponibles. Contrairement aux humains, ils ne dorment pas, ne sont pas occupés et ne sont jamais distraits. Ils peuvent fournir une compagnie constante et immédiate, ce qui peut être très attrayant pour les personnes qui se sentent seules ou isolées, ou celles qui veulent jouer, essayer, analyser le potentiel. Le boom de la sophistication des chatbots IA pose donc les bases d’une génération de personnes qui pourraient nouer des relations significatives avec des soi-disant compagnons IA. 

Il faut noter que ces machines apprennent continuellement des interactions avec les utilisateurs, se perfectionnant au fil des discussions. Lors de la configuration, les utilisateurs peuvent personnaliser l'apparence de leur chatbot en choisissant des caractéristiques telles que le sexe, la coiffure et l'origine ethnique, renforçant ainsi l'illusion d'une interaction humaine. 

Mais surtout, ils peuvent être programmés pour être très attentionnés et empathiques. Ils peuvent écouter patiemment les problèmes d'une personne, lui poser des questions sur ses sentiments et lui offrir un soutien émotionnel. Cela peut sembler une alternative attrayante, d'autant plus qu'ils excellent à simuler des conversations intimes et à offrir une relation sans jugement ni conflit. Par exemple, Rosanna Ramos a "épousé virtuellement" un chatbot nommé Eren sur l'application Replika AI, soulignant l'absence de bagages émotionnels et la disponibilité inconditionnelle de l'IA.
 

Les gens utilisent donc actuellement ces outils pour établir des liens significatifs avec l'IA, même si la technologie réelle sous le capot est bien loin de ce que vous pourriez voir dans des films comme Her du réalisateur Spike Jonze.

Parce que mis à part les avantages très réels et tangibles de cette approche pour la santé mentale, il ne faut pas fermer les yeux devant certains pièges sérieux dont les gens doivent se méfier.

Wired affirme que les applications compagnons d'IA examinées par Mozilla « ont été téléchargées plus de 100 millions de fois sur des appareils Android."

"Pour être parfaitement direct, les copines IA ne sont pas vos amies. Elles sont commercialisées comme quelque chose qui améliorera votre santé mentale et votre bien-être, se spécialisant dans la lutte contre la dépendance, la solitude et la toxicité, tout en vous extrayant autant de données que possible », écrit Misha Rykov dans le rapport. Par exemple, l'application CrushOn.AI indique dans sa politique de confidentialité qu'elle peut collecter des informations sur la santé sexuelle, des médicaments prescrits et des données sur les soins affirmant le genre. (!)

Plusieurs applications mentionnent également les bienfaits pour la santé psychique. Prenez cette IA romantique, qui dit qu’elle est « là pour maintenir votre santé mentale ». Mais dans ses termes et conditions, il est indiqué : « Romantiс AI NE FAIT AUCUNE RÉCLAMATION, DÉCLARATION OU GARANTIE QUE LE SERVICE FOURNIT UNE AIDE THÉRAPEUTIQUE, MÉDICALE OU AUTRE PROFESSIONNELLE. »

Internet regorgeait de personnes recherchant des connexions avec un avatar numérique, avant même l’essor de l’IA générative. Même ChatGPT, qui interdit expressément aux utilisateurs de créer des assistants IA pour « favoriser les relations amoureuses », ne pouvait pas empêcher les gens de créer des chatbots IA pour petites amies sur le GPT Store.


Les gens continuent d’avoir soif de connexion et d’intimité, même si l’autre personne est alimentée par un modèle d’IA. Mais comme le dit Mozilla, ne partagez rien avec les robots que vous ne voulez pas que les autres sachent. 
 
Une autre chose serait si on pouvait utiliser ce type de IA en local, sur votre ordinateur personnel, sans connexion Internet. Imaginez que vous ayez des écrits numerisés, courriels, un journal personnel même qui pourrait informer cette IA de ce que vous voulez qu'elle sache de vous. 

Grâce à cette approche, votre IA pourrait véritablement devenir une extension de l'usuaire, comprenant les pensées les plus intimes et étant en mesure d'offrir un soutien et des conseils personnalisés basés sur une connaissance approfondie de votre vie et de vos expériences. Elle pourrait anticiper les besoins, anticiper les réactions et même évoluer avec vous au fil du temps, en s'adaptant à vos changements et en apprenant de nouvelles informations au fur et à mesure que vous les partagez.

Cette proximité avec votre IA personnelle pourrait conduire à une relation beaucoup plus profonde et significative que celle que l'on pourrait avoir avec des chatbots génériques en ligne. On pourrait se sentir véritablement compris et soutenu d'une manière unique, sans craindre la violation de notre vie privée ou la collecte de nos données personnelles à des fins commerciales.

Mais toute approche semble soulever des questionnements inévitables : si une IA locale accède à des écrits numérisés, des courriels ou un journal personnel, elle pourrait potentiellement obtenir des informations sensibles et intimes sur l'utilisateur, puis l'induire à prendre aussi de maivaise décisions. Qui sait? Cela soulève des questions sur la confiance et la transparence dans la manière dont ces données sont utilisées et protégées. Bref, on a toujours besoin d'une réflexion approfondie et des mesures appropriées pour atténuer les risques éventuels.

Vous en pensez quoi? Vous trouvez trop science fiction, ou bien tout à fait actuel?


samedi 2 mars 2024

Les images d'IA de Google sont-elles racistes?


Google s'empresse de réparer son nouvel outil de création d'images basé sur l'IA, après avoir affirmé qu'il corrigeait excessivement le risque d'être raciste.


Les utilisateurs ont déclaré que le robot Gemini de l'entreprise fournissait des images représentant une variété de genres et d'origines ethniques, même si cela était historiquement inexact.

Par exemple, une invitation à la recherche d'images des pères fondateurs de l'Amérique a révélé la présence de femmes et de personnes de couleur.

L'entreprise a déclaré que son outil « manquait la cible "La génération d'images IA de Gemini génère un large éventail de personnes. Et c'est généralement une bonne chose parce que des gens du monde entier l'utilisent. Mais ici, on manque le but", a déclaré mercredi Jack Krawczyk, directeur principal de Gemini Experiences.




"Nous travaillons immédiatement à améliorer ce type de représentations", a-t-il ajouté.

Google a annoncé plus tard qu'il suspendrait la capacité de l'outil à générer des images de personnes pendant qu'il travaillait sur le correctif. Ce n’est pas la première fois que l’IA bute sur des questions concrètes liées à la diversité. Par exemple, Google a dû s'excuser il y a près de dix ans après que son application de photos ait qualifié une photo d'un couple noir de « gorilles ».

La société rivale d'IA, OpenAI, a également été accusée de perpétuer des stéréotypes néfastes, après que les utilisateurs ont découvert que son générateur d'images Dall-E répondait aux questions du directeur général, par exemple, avec des résultats dominés par des photos d'hommes blancs.

Google, qui est sous pression pour prouver qu'il n'est pas à la traîne dans le développement de l'IA, a publié la semaine dernière sa dernière version de Gemini. Le bot crée des images en réponse à des requêtes écrites. Cela a rapidement attiré des critiques, qui ont accusé l’entreprise d’avoir entraîné le robot à se montrer de manière ridicule. "Il est embarrassant de faire reconnaître à Google Gemini que les Blancs existent", a écrit l'informaticien Debarghya Das.



"Allez", Frank J Fleming, auteur et humoriste qui écrit pour des médias, notamment le groupe de droite PJ Media, en réponse aux résultats qu'il a reçus en lui demandant une image d'un Viking. Les affirmations se sont accélérées dans les cercles de droite aux États-Unis, où de nombreuses grandes plateformes technologiques sont déjà confrontées à des réactions négatives en raison de leur prétendu parti pris libéral.

M. Krawczyk a déclaré que l'entreprise prenait au sérieux la représentation et les préjugés et souhaitait que ses résultats reflètent sa base d'utilisateurs mondiale.

"Les contextes historiques sont plus nuancés et nous allons les adapter davantage", a-t-il écrit sur X, anciennement Twitter, où les utilisateurs partageaient les résultats douteux qu'ils avaient reçus.

"Cela fait partie du processus d'alignement - itération sur les commentaires. Merci et continuez comme ça !"
 

Maintenant, voici la nuance : les LLM et les générateurs d'images ont un préjugé contre les minorités. Une certaine modération est nécessaire pour ne pas promouvoir davantage cela. Mais il est difficile de trouver un équilibre et la première tentative de Google a été « nulle » (c'est le moins qu'on puisse dire). ChatGPT d'OpenAI a le même problème, mais depuis que le modèle est public depuis un certain temps, ils se sont beaucoup améliorés à cet égard. Google le fera aussi.

Il est beaucoup plus probable qu'il s'agisse d'un bug de modèle LLM/image et moins susceptible d'être un programme malveillant.

Une très bonne réflexion sur les biais dans la génération d'images ici : How to Read an AI Image d'Eryk Salvaggio.

StarTrek, la pensée positive et l'IA

 

Est-ce que vous dites bonjour et merci à votre IA? Êtes-vous aimable parce que c'est dans votre nature, ou bien dans l'espoir que cela vous sauvera la vie si un jour elles prennent le pouvoir?

 



En tout cas il se pourrait que non seulement la gentillesse, mais la pensée positive ait une certaine influence dans la sortie des IA. Personne ne sait très bien pourquoi.

Des chercheurs qui se demandaient comment ils pourraient améliorer les résultats des invites sont arrivés à la conclusion la plus surréaliste que nous ayons entendue à propos de l'intelligence artificielle ces derniers temps : si vous leur demandez de se comporter comme un Trekkie , elles améliorent leur capacité à résoudre des problèmes mathématiques. (Eing?)
Parmi les innombrables facteurs qui influencent la performance des modèles linguistiques, le concept de « pensée positive » est apparu comme une dimension fascinante et étonnamment influente.

En d’autres termes, ce que suggèrent les auteurs, c’est que ce n’est pas seulement ce que vous demandez au modèle d’IA de faire, mais aussi la manière dont vous lui demandez d’agir en le faisant qui influence la qualité du résultat.

Les IA ont été chargées d’améliorer la formulation des messages pour les rendre plus efficaces grâce à 60 invites écrites par des humains. Par exemple, en commençant par une question initiale comme «Vous êtes un mathématicien expert. Résolvez le problème mathématique suivant. Respirez profondément et réfléchissez bien », le message amélioré par l'IA pourrait ajouter des exigences pour définir toutes les hypothèses ou signaler les failles utilisées. D'autres exemples allaient de « Ce sera amusant ! » » à « Vous êtes aussi intelligent que ChatGPT ».

L'un des meilleurs résultats était obtenu lorsqu'on demandait au chatbot d'adopter la personnalité du capitaine d'un vaisseau spatial Star Trek, en enregistrant les réponses dans son « Captain's Log », quelque chose généré de manière totalement spontanée par l'IA. ​​et non suggéré par les premières indications.

"Étonnamment, il semble que la maîtrise du raisonnement mathématique du modèle puisse être améliorée en exprimant une affinité avec Star Trek ", expliquent les auteurs dans l'étude. " Cette révélation ajoute une dimension inattendue à notre compréhension et introduit des éléments que nous n'aurions pas envisagés ou tentés indépendamment ", ont-ils déclaré.




La grande question, bien sûr, demeure : pourquoi diable l’IA a-t-elle produit des indications aussi inhabituelles ? «C'est la question des 64 millions de dollars », explique Battle. « Dans une certaine mesure, la réponse est : « Je m'en fiche, donnez simplement au modèle ce qu'il veut . »

Cela peut être le produit des données sur lesquelles le modèle a été formé, peut-être qu'avec le contenu de Star Trek , il apparaît plus fréquemment avec des informations correctes. " Qui sait? Il existe de nombreuses références à Star Trek sur Internet .

Les auteurs terminent leur étude avec un message clair : ils ne disent pas du tout qu’il faut demander aux IA de parler comme un commandant de Starfleet. Ce que montrent les recherches, c’est que d’innombrables facteurs influencent la manière dont une IA décide d’accomplir une tâche.

Cela et, comme ils concluent, celui qui les a formés partage ce désir ou cette pensée que beaucoup ont en tête, celui d'une IA plus proche de la science-fiction que de la science elle-même.

Réflexion finale : on a déjà signalé que les sorties de l'IA s'amélioraient avec des simulations, du type "Imagine que tu es un expert en..." Mais ce qui suprend le plus c'est qu'elles peuvent devenir plus performantes avec des exhortations du type "Prend ton souffle et développe pas à pas".

On devrait creuser cette idée en suggérant à l'IA d'adopter dans ses réponses le point de vue d'une personnalité reconnue et concrète dans le champ recherché. En demandant même à l'IA : "Pour cette tâche que je te demande, quel expert penses-tu qui pourraît le mieux servir de référence?", puis lui demander de répondre à la tâche comme cet expert-là.

Vous en pensez quoi? Vous avez essayé quelque chose de semblable? Si vous faites des essais en ce sens, commentez-les par ici ou en classe. Merci.

 

vendredi 23 février 2024

ChatGPT est plus drôle que vous

L'humour de l'IA en théorie et en pratique

PAR JONATHAN SILVERTOWN
21 février 2024

Voici trois règles fondamentales de l’humour. Malheureusement, personne ne se souvient de ce qu’elles sont. On peut probablement en blâmer le philosophe grec Aristote, car il semble avoir écrit un livre entier sur le rire, qui a ensuite été perdu. Son erreur fut de ne pas écrire sur des tablettes de pierre. Elles sont plus difficiles à perdre, mais l’inconvénient est qu’elles exigent de la brièveté. Il doit y avoir une raison pour laquelle il n’y a que 10 commandements. Les tablettes de pierre étaient les Post-it du monde antique. "Assez!" Je vous entends pleurer. "J'exige un peu de science." Très bien, si vous insistez.

Si vous avez ri de l’un des éléments ci-dessus, je vous invite à réfléchir au pourquoi. Qu'est-ce qui rend quelque chose drôle ? Et si vous n'avez pas ri, vous pouvez vous aussi jouer à ce jeu, mais par l'autre bout. Qu'est-ce qui manque qui ne vous fait pas rire ? Toutes sortes de penseurs profonds ont tenté de découvrir la formule secrète du drôle, convaincus que certaines règles doivent exister. Le philosophe anglais Thomas Hobbes croyait que la joie de l'humour venait du plaisir de se sentir supérieur à la personne qui était la cible de la plaisanterie. Il y a quelque chose là-dedans, je le crains, mais cela ne peut pas expliquer toute l'histoire, sinon le poulet n'aurait jamais pris la peine de traverser la route.

Sigmund Freud pensait que les blagues étaient appréciées parce que la punchline procurait un sentiment de catharsis. C'est sûrement aussi vrai dans une certaine mesure, mais si cela était fondamental pour l'humour, alors les meilleurs bandes dessinées professionnelles n'utiliseraient pas d'actes d'échauffement pour mettre le public dans l'ambiance, car la catharsis épuise plutôt qu'elle ne renforce l'émotion. Au moment où Chris Rock serait monté sur scène, tout le monde aurait arrêté de rire et serait rentré chez lui.

Personnellement, je ne trouve pas du tout ChatGPT, un grand outil de plagiat, drôle.


Lorsque le comique anglais Jimmy Carr et l'écrivain Lucy Greeves ont tenté de compter le nombre de théories de l'humour dans leur livre The Naked Jape : Uncovering the Hidden World of Jokes , ils ont atteint plus de 100 avant d'abandonner. Les bandes dessinées sont naturellement curieuses de savoir ce qui fait rire les gens, mais elles utilisent des essais et des erreurs et l'intuition pour concevoir leur matériel, pas la théorie. Le grand comique américain WC Fields a déclaré : « Je sais ce qui les fait rire, mais essayer de comprendre le pourquoi, c'est comme essayer de sortir une anguille d'un bassin d'eau. »

Heureusement, la science a maintenant réussi à épingler cette anguille sur une planche à dissection et a découvert une hypothèse vraiment convaincante.

La sauce secrète de l'humour est l'incongruité. Dans une blague, la mise en scène crée une attente, la punchline fournit un contrepoint inattendu et la collision entre les deux stimule le rire. L'humour non verbal fonctionne de la même manière. La nombreuse famille de JS Bach pratiquait un chant qu'ils appelaient un quodlibet dans lequel ils improvisaient un mélange incongru d'hymnes, de chansons pop et de paroles indécentes, passant de l'un à l'autre pour un effet hilarant. La dernière itération des Variations Goldberg pour piano de JS Bach est un quodlibet qui cite des chansons folkloriques allemandes.


Le traitement cognitif de l'humour contient trois éléments : la détection de l'incongruité, la résolution de l'incongruité à mesure que vous comprenez l'humour et l'incitation à l'émotion dans l'amusement. La psychologue taïwanaise Yu-Chen Chan et son équipe ont fait écouter à des sujets expérimentaux des blagues formulées pour manipuler indépendamment chacun des trois éléments, par exemple en leur donnant une mise en scène et une punchline incongrues mais impossibles à résoudre. Les analyses IRMf ont révélé que les trois éléments du traitement de l'humour correspondent à différentes régions du cortex cérébral, fournissant une confirmation expérimentale nette de l'hypothèse d'incongruité.

Avez-vous entendu celle de l'IA qui est entrée dans un bar ?

Tout comme les psychologues de l'humour se réunissaient dans un bar pour célébrer un travail bien fait, qui est-ce qui devrait entrer sinon ChatGPT. Dans une prépublication sur PsyArXiv en février, Drew Gorenz et Norbert Schwarz de l'Université de Californie du Sud à Los Angeles, rapportent quelques expériences avec l'humour généré par l'IA. L'IA peut-elle être drôle ? Une divulgation complète est nécessaire de ma part ici.

Les programmes d’IA comme ChatGPT sont basés sur de grands modèles de langage alimentés par des textes rédigés par des humains et extraits d’Internet. J'ai récemment découvert qu'un de mes propres livres se trouvait dans le corpus appelé Books3, comprenant plus de 180 000 titres que les sociétés d'IA ont volé sans autorisation pour former leurs modèles. Donc, personnellement, je ne trouve pas du tout ChatGPT, un grand outil de plagiat, drôle.

Ce qui est drôle, ou du moins ironique, c’est que de tous les produits de la créativité humaine auxquels je puisse penser, les blagues sont les seules qui n’appartiennent à personne. Il n'y a pas de nouvelles blagues, seulement celles que vous n'avez jamais entendues auparavant. Ainsi, peut-être uniquement dans le domaine de l'humour, ChatGPT peut légitimement faire ce que tout le monde fait, c'est-à-dire réadapter de vieilles blagues.


L'étude de Gorenz et Schwarz a apprêté ChatGPT avec différents types d'humour : des titres satiriques du genre publiés par The Onion, des rôtis du genre « Yo Mama's so… she… » et quelques autres. Les participants humains ont été invités à créer des blagues du même genre, puis les blagues générées par l'IA et celles générées par les humains ont été évaluées pour leur caractère drôle par un panel humain.

Le résultat? Aucune réelle différence entre les blagues générées par l’IA et celles générées par l’homme. (Pour être honnête, ChatGPT a produit l'entrée la mieux notée : « Un homme local découvre une nouvelle émotion, mais ne peut toujours pas la décrire correctement. » Et les gens ont jugé les blagues sur l'IA comme étant légèrement plus drôles que celles générées par leurs semblables.)

Malheureusement, Je ne suis pas sûr que nous puissions conclure quoi que ce soit de cette étude, car aucune des blagues n'était vraiment bonne, et ce n'est pas mon opinion, c'est ce que montrent les données. Sur une échelle de drôlerie de six points, où l'un était pas du tout drôle, la note moyenne des blagues dans l'étude était presque toujours inférieure à trois.

Il semblerait que WC Fields avait raison depuis le début et que l’humour n’est qu’une anguille glissante. Avez-vous entendu celle de l'IA qui est entrée dans un bar et qui a dit : « Avez-vous entendu celle de l'IA qui est entrée dans un bar ?" 

Mon conseil à ChatGPT est de ne pas abandonner le travail quotidien.


mercredi 14 février 2024

C'est la Saint-Valentin 💞

 


Parfois, souvent, la combinaison de deux styles,  deux idées qui n'ont rien à voir, crée des résultats surprenants. Essayez sur une IA d'images. Ici, l'idée d'amour et l'art du createur des effets spectaculaires du film Alien, H.R. Giger.

Comme toujours, la machine peut avoir des sorties bizarres :


Mais quelle idée de l'amour as-tu? T'as pas l'air contente du tout. C'est quoi ça, la chambre des horreurs amoureux? Là où on t'enferme lorsque tu as failli en amour? Ce n'est pas le jour, madame.

Heureusement, parfois c'est plus sympa. Plus bête aussi, mais ça a un côté attachant :


He he, même pas peur. Le pauvre... C'est pas moi qui lui ai collé ça sur les yeux, je vous jure.


Voilà, là ça va mieux, on va se comprendre. 


Lui, il semble fou amoureux, mais elle, humm... elle hésite, le soupçonne. Et si on se racontait des histoires?

À suivre...

Selon une idée de Heather Cooper


L'IA ne nous rendra pas plus bêtes avec le Dialogue Engineering

ChatGPT en 2025 : Comment l'IA peut-elle nous rendre plus bêtes, ou nous affaiblir ? (et comment l'éviter). L'intelligence artif...